ELIPSE [ quelques minutes.. ] :
" Je l'ai aidé à s'allonger sur son lit, il somnole.
- Hm. "
Bill ne me regardait pas. Assis sur un des nombreux canapés du salon, il semblait plongé dans ses pensées. Je m'approchai timidement et m'asseyai à une distance respectable de lui.
" T'en fais pas, ça va maintenant.
- ...
- Tu.. Tu veux qu'on reste un peu ? Le temps qu'il s'endorme.. ?
- Non. On va y aller, t'en as déjà assez vu.
- Comme tu veux.
- ...
- Bill, je.. "
Il se leva brusquement et disparut dans la cuisine, voulant sans doute échapper à la discussion que je tentai d'entamer.. Il réapparut, un sachet plastique à la main et me le tendit sans un mot.
" Qu'est-ce que..
- Il est presque midi, le temps qu'on rentre, le self sera fermé. "
J'ouvrai le sachet, un sandwich aux crudités s'y trouvait. Je le contemplai un moment.
" Mange.
- Tu l'as pas empoisonné au moins ? ris-je.
- Goûte, on verra bien.
- Mais, et toi ?
- T'en fais pas pour moi, j'ai plein de trucs à faire avant qu'on reparte.
- Bon. M..merci. "
Il hocha distraitement la tête dans ma direction et se leva.
" Il est vachement bon, avouai-je en croquant à pleine dents dessus.
- C'est fait maison, me répondit-il à travers la porte.
- Je savais pas que tu cuisinais..
- Tu ne sais RIEN sur moi Kaulitz ! La cuisine, la couture.. Et t'as encore rien vu.. "
Le ton n'était mas méchant. Toujours aussi distant certes, mais ça, je commençais à m'y habituer.. Par la force des choses..
En effet, il n'avait pas menti. Le Bill chiant et passif du lycée se transforma en véritable tornade blanche alors que j'entamai mon sandwich..
Il s'activait.. Vidait le lave-vaisselle, rangeait la vaisselle propre après l'avoir essuyée, sortit un sachet de pâtes, une casserole d'eau qu'il mit sur le feu, un paquet de sauce tomate, disposa un couvert sur la table de la cuisine, remonta dans une chambre du haut, descendit avec un panier de linge sale sous le bras, débuta une machine.. Lorsqu'il se baissa pour enfourner le linge dans la machine à laver, son pantalon, déjà bien bas, descendit davantage, son tee-shirt remonta légèrement. Frissons. Il se stoppa soudain, se tourna vers moi et émit un minscule sourire dans ma direction lorsqu'il vit le mien ancré sur mon visage.
" T'es toujours aussi actif chez toi ? tentai-je en souriant.
- Oui. D'un côté, c'est pas lui qui va le faire.. Alors, je m'y colle. Je fais tout ici. "
Il émit un signe de tête vers la chambre où j'avais amené David et perdit instantanément son sourire. Je me tus et continuai à l'observer.
Après avoir fait partir la machine, balayé une partie du sol de la cuisine et changé le sac poubelle qui dégorgait d'ordures, il s'arrêta dans ses tâches ménagères et s'affala dans le canapé en face du mien. Il replia ses jambes contre son ventre, posa son menton contre ses genoux et me fixa pendant un moment, un air sérieux sur le visage. Parfois, un sourire perçait le masque dur et froid qu'il gardait sur son visage.. Je finis par me sentir mal à l'aise.
" Quoi ? articulai-je la bouche pleine.
- Tu manges salement Kaulitz.. "
Je rigolai doucement.
" Et toi, tu manges pas Trümper..
- Et ?
- Tu devrais. Tu vas finir par perdre un os.
- Bah, j'ai pas de souci à ma faire, apparemment on surveille ma ligne et.. "
Il fut interrompu par le bip régulier de la machine à laver et se précipita vers elle. Je scrutai chacun de ses faits et gestes, incapable de veiller à ma dicrétion.
" Tu veux que je la refasses ?
- Hein ?
- Que je me baisse vers la machine à laver, que mon haut se soulève un peu pour te laisser apercevoir mes hanches et un bout de mon caleçon. Je peux même le faire au ralentir, tu verras mieux.. "
Je mis quelques secondes à intégrer ce qu'il venait de me dire puis, voyant que Môsieur Trümper plaisantait, je le pris sur le ton de la rigolade.
" Hm intéressant.. Mais si je peux me permettre, le strip tease auquel j'ai eu droit à mon arrivée au lycée en guise de bienvenue.. J'aimais bien. "
Il tordit sa bouche dans un moue made-in-Bill comme je les aimes et roula des yeux avant de reprendre instantanément son sérieux..
" Et tu me donnes quoi en échange ? Demanda-t-il, un air de provocation dans les yeux avant de s'éloigner à nouveau vers la cuisine.
Je soupirai. Même s'il acceptait de temps à autre de baisser sa garde, la méfiance de Bill reprenait instinctivement le dessus.
Je portai mon poing fermé contre me poitrine et y assénai quelques coups..
" Mon coeur, je te donnerais mon coeur.. " Murmurai-je pour moi-même.
ELLIPSE :
Bill claqua la portière une fois assis dans la voitureet observa longuement les fenêtres de la maison, guettant anxieusement un mouvement dans la maison.
" Il doit être endormi.. "
Bill parlait pour lui-même, semblant vouloir se rassurer. Il ne fut pas surpris de croiser mon regard lorsqu'il tourna le sien vers moi. Moi et mon regard demandeur d'explications..
Je brûlais d'envie de lui poser une quantité de questions.. Est-ce David était son père ? Pourquoi l'appelait-il par son prénom ? Vivaient-ils seuls dans la grande maison ? ... Mais je me retenais.
S'il voulait m'en parler, il le ferait..
Fais-le Bill, parle moi je t'en suplie..
A ma grande surprise, ce fut Bill qui brisa le silence..
" Tu ne me demandes rien ?
- Non, avouai-je non sans fierté.
- Ca me surprend de ta part.
- Tu sais, je commence à te connaître Bill, tu m'as suffisemment fait comprendre de manière plus ou moins gentille que j'avais intérêt à garder mes distances avec toi si je voulais rester en vie.. Je suis maso mais pas au point de te poser des questions sur ce qu'il s'est passé avec.. avec David, conclus-je en souriant.
- ...
- Je meurs d'envie de te demander tout un tas de trucs, tu t'en doutes mais jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pensé qu'à moi et à ma curiosité en oubliant que c'était ta vie et que ça ne conçernait que toi après tout.. Toi et ton pèr..
-Mon oncle.
- Quoi ?
- David est mon oncle, pas mon père.
- Mais, et tes parents..
- C'est long et compliqué, alors, pour résumer, on dira qu'ils sont partis.
- Oh, je suis désolé Bill, vraiment, je savais p..
- Arrêtes ! "
Sans que je m'y attende, il fonça sur moi et posa doucement deux doigts contre ma bouche pour me faire signe de me taire..
Got, ces mains..
" S'il te plaît, pas ces phrases bateaux... Pas toi. "
Je hochai doucement la tête, il enleva sa main et se tut un instant avant de reprendre la parole.
" Tom, j'ai que lui. Ne me demande pas de t'expliquer, je pourrais pas. Peut-être un jour, je t'en parlerais.. Enfin.. J'aimerais qu'on arrête d'en parler maintenant.
- D'accord. "
Bill m'a appelé par mon prénom, m'a parlé gentillement et a émis l'hypothèse de me faire des confidences plus tard..
Je meuuuuuuurssss
Je cessai de le dévisager comme un demeuré et démarrai la voiture. Bill semblait soulagé. Je ne sais pas si c'était le fait qu'il se soit un peu livré ou qu'il ait pu s'assurer que son oncle allait " bien " qui l'appaisait.. A vrai dire, je m'en foutais. L'essentiel était là. Bill m'avait parlé.. Un peu. Nouvelle victoire.
Et c'est avec le sourire aux lèvres que j'enclenchai une marche arrière pour sortir du " domaine Trümper "...
* * * * * * * * * * * * *
" Les SMS que tu recevais ce matin, c'était David.
- Hm.
- T'es rassuré ?
- Hm.
- Moi aussi.
- Hm. "
Hm..
J'observai depuis quelques minutes l'air vexé et un peu enervé de Bill.. Je n'osai pas poser de questions de peur de me faire remballer mais Bill, décidémment très bavard aujourd'hui, me donna de lui-même une raison de son air enervé.
" Tu veux pas arrêter deux secondes !
- Arrêter quoi ?
- Roooh c'est chiant !
- MAIS QU'EST-CE QUE J'AI ENCORE FAIT ?
- Pourquoi tu souris ENCORE ?
- Bah.. J'en ai envie.
- C'est très énervant.
- Ah oui ? rigolai-je.
- Oui.
- Ah bon.
- Tu souris TOUT LE TEMPS, à force c'est insupportable.
- Et toi tu souris pas assez, rétorquai-je.
- J'fais ce que j'veux.
- Moi aussi.
- Normalement, il faut des raisons pour sourire.
- Et si je te disais que c'était TOI la raison ? "
Je rigolai encore plus à la vue du visage décomposé de Bill.
" Mais arrêtes de rire. Ca aussi c'est soûlant. Tu rigoles TOUT LE TEMPS.
- C'est toi qui me fait rire Bill.
- Jamais entendu d'aussi grosses conneries..
- Tu vois, je peux pas m'en empêcher, hahahaha..
- ARRÊTE !
- HAHAHAHAHA
- MAIS ARRÊTE !
- Okay okay. "
Je me calmai un peu mais gardai un grand sourire qui ne me quittait décidémment pas quand Bill se tenait à moins de 3 mètres de moi. Bill, lui soupira..
" Regardes-moi ce sourire niais.. "
Je réfléchissai quelques secondes.
" En fait, je crois que j'ai pas besoin de raison de sourire, rigoler... Par contre, toi, ça veut dire que tu n'en as pas. C'est triste. "
J'arrêtai de sourire, Bill, qui faisait déjà la gueule, grimaca. Il se remit droit sur son siège et regarda la route, signe qu'il voulait mettre fin à la conversation.. Moi, je le regardai toujours..
" Hééééé la voiture !!!!
- MERDEEEE ! "
A force de regarder l'énergumène à côté de moi et ne prêter qu'une attention secondaire à la route, j'avais légèrement dévié vers la route à notre gauche où roulaient des véhicules.. En sens inverse !
Je ne sais pas comment j'ai fait pour éviter l'accrochage entre nos deux rétroviseurs.. Conclusion : I'm the winner ! Pas de choc, rien.. Juste le conducteur de la peugeot blanche très très en colère.. Et moi qui tremble encore..
" NAN MAIS CA VA PAS ???? T'AS FAILLI ENFONCER MA BAGNOLE SALE GAMIN !
Très très enervé..
" PETIT CONNARD, INCONSCIENT, JE T'AURAIS CASSE LA GUEULE.. CASSE LA GUEULE ! "
Bouh il me fait peur le monsieur..
" SALOPARD ! ENFOIRE ! AH LES JEUNES DE NOTRE TEMPS.. DE LA RACAILLE, DE LA RACAILLE RIEN DE PLUS ! "
Nan mais il se croit où le bonhomme ? MAIS je t'emmerde MOI !
L'homme était âgé d'une cinquantaine d'année, le visage rougeot, un alcoolique je pense, un gros bide.. Un méchant..
Je passais ma tête par la fenêtre de la voiture..
" Monsieur, je conduis depuis TRES PEU DE TEMPS. Vous me DESTABILISEZ avec vos hurlements alors S'IL VOUS PLAIT, n'en rajoutez pas et arrêtez de HURLER.. Parce que JE SUIS TRES STRESSE ! "
C'est pas ma faute. Quand je m'enerve ou que je suis dans une situation stressante, ma voix grave laisse place à des intonations claire.. Pour ne pas dire stridentes. Et là, ma voix a précisément viré à l'aigu..
J'ai du être convaincant parce que le bonhomme reste bouche bée et ne dit plus un mot.
Je jette un coup d'oeil à Bill, il cache son visage derrière ses mains pour masquer.. un rire incontrôlé..
Bill rit..
Putain, j'ai failli me pisser dessus et lui.. Il rigole. Enfin.. Il est pardonné, ça lui arrive tellement peu souvent..
Looong chap avouez-le ^_^-
1000000000 excuses pour cette putain de faute à la con.. Je me suis cramée toute seule dans la suite précédente avec David que j'ai d'abord fait passé pour le père de Bill pour ensuite me trahir et le nommer "oncle". Chose positive, il y'en a vraiment beaucoup qui l'ont remarqué.. C'est bien vous suivez !! ^^
J'AI VRAIMENT TROP HONTE !
Bref. Ne pensons plus à cet épisode douleureux.. Passons à un épisode ENCORE PLUS douleureux ^^ La rentrée !!! Je rentre demain en 1ère littéraire dans la joie.. Et la bonne humeur.
Je vous souhaite à tous une super rentrée * joiiie *
.. Et vous dis A DEMAIN pour une nouvelle suite, réponses aux questions et racontage de life !
Bisouxx
Louna