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Break de vacances.


Profitez bien et revenez en forme !


Smouack' et à Septembre !

Louna.

# Posté le jeudi 20 août 2009 10:15

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" TOM ? "

Mélange d'incompréhension.. Et de peur dans le regard de ma mère ?
Grosse panique de la part de Bill que je sens se figer à côté de moi. J'ai juste eu le temps de retirer ma main de sa jambe, bon réflexe de ma part malgré notre position... ambigue.
Lui et moi côte à côté, collés serrés..

" TOM ?? MAIS TOM ?? "

C'est quand je l'entend répêter mon prénom plusieurs fois que je réalise, que les seules nouvelles qu'elle a eu de moi depuis hier soir sont un sms ; " petit imprévu, suis avec Bill, rentrerai plus tard " puis un second ; " je vais bien, pas d'inquiétude, un peu de retard. " et un dernier message vocal en plein nuit :

" Coucou Maman. Ecoute, je peux pas te parler longtemps mais je ne rentrerai pas ce soir. Je reste avec Bill, il a un petit problème. Je t'expliquerai.. Ne t'inquiètes pas. Bonne nuit et bisou à Maëlle. "

J'avais tenté de paraître jovial mais ça n'avait pas pris. Plus tard, ma voix m'avait semblé fausse. Si fausse.

Je décide de tenter le tout pour le tout et de jouer la carte de l'assurance. Je réplique, sûr de moi.

" Maman, tu pourrais frapper au moins... "

D'un ton tranquille. Comme un homme qui réprimande sa fille. Et ma mère qui réagit comme si elle était prise en faute. Qui recule, le regard fuyant et me murmure mal à l'aise.

" Oui.. Excuse-moi. Tom, je.. je t'attend dehors.. "

Oui, c'est mieux. Attends moi dehors va.

Ca, je ne lui dis pas. Je me contente d'hocher doucement de la tête tout en essayant de garder mon calme.

Elle nous dévisage une dernière fois, puis referme la porte sur elle. Aussitôt, je soupire un bon coup.
Et, surprise, j'entend le rire cristallin de Bill à côté de moi. Je me retourne.. En fait, il est littéralement explosé de rire. Il cache son visage derrière ses mains, secoué de grands éclats de rire.

J'halète.

" Raaah, on a eu chaud... "

Bill renchérit.

" Oh mon dieu, c'était.. La situation était.. "

Je roule des yeux :

" Horrible.

- Géniale. "

Je lui lance un regard noir.

" Géniale ?? Est-ce que tu as vu la tête de ma mère ? J'ai cru qu'elle allait tomber, là devant nous, j'ai cru qu'elle allait s'évanouir ! "

Il écarte ses mains de ses yeux et murmure, un peu honteux.

" J'ai adoré. "

Je rétorque, faussement vexé.

" Pourtant, t'avais pas l'air fier.. On peut dire que mes talents d'acteur ont tout sauvé. "

Bill tente un sourire.

" Tu crois qu'elle se doute de quelque chose ? "

Je hausse les sourcils.

" De quoi ?
- Bein, tu penses qu'elle a compris ?
- Mais compris quoi ? "

Bill fronce les sourcils et pince les lèvres.

" Mais Tom, tu sais bien.. ! "

Je le regarde longuement.

" Qu'est-ce que je devrais savoir ?
- Bah qu'on est ENSEMBLE ! "

Je sens l'impatience gagner Bill. Je rigole et m'affale sur le lit.

" Mh.. Ce que j'aime te l'entendre dire.. J'm'en lasse pas.. "

Bill geint et me tape l'épaule prudemment.

Je souris intérieurement. Depuis qu'il me laisse le toucher, à l'inverse, lui aussi ose de plus en plus. Je veux dire qu'il n'hésite presque plus, il est de plus en plus entreprenant... Et je dis ça sans aucun sous-entendu. Même une toute petite tape.. Tout ça me fait drôlement plaisir.

Je reprend mes esprits.

" Bon, c'est pas tout mais il faudrait que j'aille la voir, que je lui invente une histoire, parce que là, je sens d'ici qu'elle doit être complètement paniquée.. "

Je me lève.

" Et qu'est-ce que tu vas lui dire ? "

Je reviens prés du lit et approche mon visage de celui de Bill. Je dépose mes lèvres sur son front. Sur ses joues. Son nez .

" Que... Tu n'es... Qu'un ami... Que.... J'aime les.... Filles..... Et.... Qu'il faut qu'elle.... Arrête.... De.... Se.... Faire des... Films. "

" Rien que la vérité en fait ... " S'exclame Bill en riant.

Il m'attire contre lui et m'embrasse spontanément.

" Rien que des mensonges ! " Nous exclamons-nous en choeur.

On rigole un moment, une caresse et je quitte la chambre en promettant à Bill de venir le chercher plus tard. Il va faire ses affaires pendant que je parle avec ma mère et je l'emmènerai au foyer.

Il n'a pas l'air tendu. Le plus inquiet des deux, c'est moi. Hors de question que j'en parle à Bill. Au foyer, il va pouvoir se reconstruire doucement, prendre de la distance, être pris en charge sérieusement. Je ne veux pas le surcharger.

* * * * * * *

" Maman ? "

Occupée à retirer une barre chocolatée dans un distributeur, elle sursaute et se cogne l'épaule contre la vitre.

" Oulah, c'est moi qui te fais cet effet-là... ? " Je tente de plaisanter.

Le sourire que j'attendais (espérais) de sa part ne vient pas.

" Ca va ? " L'air de rien. Je suis le roi des comédiens.

Vu la tête qu'elle tire, j'aurais peut-être dû me taire. Oui, c'est sûr. J'aurais dû fermer ma gueule.

Ma mère s'avance. Je ne pige pas. La gifle me fait tourner la tête. Je porte la main à ma joue. Putain, elle n'y est pas allée de main morte. Je lève la tête. D'habitude, elle s'excuse sitôt après de s'être emportée...

Silence.

" Comment peux-tu OSER me demander si je vais bien ?? Comment tu peux avoir le CULOT de me demander ça ?? "

Elle fait une pause. Reprend son souffle... Pour mieux crier après j'imagine.

" Quand on est un jeune homme de 17 ans, après le lycée, on rentre à la maison ! Et si on rentre plus tard, on PREVIENT ! On appelle, on s'excuse, on dit OU ON EST ! Depuis hier Tom, j'entend parler de toi de tous les côtés sans même savoir où tu es, MOI TA MERE ! ! D'abord ton proviseur qui m'appelle pour me prévenir que mon fils est exclu une journée du lycée. Je lui explique qu'il doit se tromper de Tom, qu'il y a erreur. Et puis il me parle d'un certain Bill Trümper ! Puis c'est au tour de la CPE qui signale que tu n'es pas allé à ton cours de français, de 17h à 18h. Tu adores le français, d'habitude... ! "

Elle s'arrête de nouveau, respire, s'éponge le front et me regarde d'un air plus furieux encore.

" Et puis, comble du COMBLE, tu ne rentres pas ! Je me suis fait tous les scénarios possibles, de la fugue au meurtre ! Un appel TOM, un seul petit appel pour me rassurer ! Ca ne t'es jamais venu à l'esprit ?

- Mais...
- TAIS-TOI ! Laisse-moi parler ! Est-ce que tu aimes ta mères TOM ? Est-ce que tu m'aimes assez pour me faire des frayeurs pareilles ? Parce que à cet instant J'EN DOUTE FORTEMENT ! Réponds !
- Mam..
- JE T'AI DIT DE ME LAISSER PARLER ! J'ai même pensé à ton père qui serait revenu ! Tu te rends compte ? Est-ce que tu te rends compte ??
- Je...
- MON DIEU NE DIS RIEN, JE SERAI CAPABLE DE T'ETRANGLER ! "

" Dans la seule journée d'hier.. J'ai appris que mon fils s'était échappé de la fenêtre de sa salle de classe pour rejoindre son ami alors qu'il avait été dit DE NE PAS BOUGER, ce même fils a ensuite raté un cours de français pour courir chez ce même ami avec une voiture conduite par une AUTRE amie qui, selon moi, ne devrait même pas AVOIR LE PERMIS. Il a ensuite, en une seule soirée, pénétré dans une propriété privée, menacé le propriétaire, appelé les secours, accompagné cet ami à l'hôpital et passé la nuit là-bas alors que ça lui est INTERDIT. Et, pour finir, il a fait des dépositions au comissariat, apporté son témoignage dans une affaire de maltraitances.... Tout ça sans me tenir au courant UNE SEULE FOIS. "

Elle hurle littéralement. Heureusement que c'est un couloir un peu éloigné. Et qu'elle parle en allemand.

" MAIS QU'EST-CE QUE TU AS DANS LE CRANE TOM KAULITZ ? JE NE PENSE PAS AVOIR MIS AU MONDE UN ABRUTI ! ALORS POURQUOI EST-CE QUE TU COMPORTES COMME SI TU EN ETAIS UN ???? "

Elle hurle encore un peu. Puis se calme. Et s'assied.

" Est-ce que je peux donner ma version des faits maintenant ?
- Tu veux une deuxième gifle ?? Ne t'enfonces pas plus, tu es déjà bien bas !
- J'ai le droit à l'expression à ce que je sache ! C'est dingue maman ! C'est dingue..
- QU'EST-CE QUI EST DINGUE ? "

Elle se relève.

" Mais tu comprends rien ou quoi ?? Tu comprends pas que ces deux derniers jours ont sûrement été les plus horribles de ma vie ? Pourquoi tu t'obstines à me hurler dessus comme une hystérique alors que tu ne sais même pas ce qu'il s'est passé ???? "


Ma mère se rassied, agite un bras en l'air.

" Et bien vas-y, dis moi. Je peux tout entendre maintenant. "

Je m'appuie contre le mur.

" Je ne t'en ai pas parlé avant par... Respect pour Bill, parce qu'il me faisait confiance.. Et tout simplement parce que je ne te dis pas tout, et ça même si tu ne l'acceptes pas...

Bill est la seule personne avec qui je... M'entend, avec Luna, dans ce lycée. Il a mis beaucoup de temps à me faire confiance, à me parler. Je tiens énormément à lui. Je ne voulais pas tout gâcher.. Il a beaucoup de problèmes maman, ça je m'en doutais, mais c'est ces derniers jours que j'ai vraiment appris ce qu'il se passait.
Maman, son oncle le maltraite ! Ca fait plusieurs années que ça dure, il le détruit... Je ne pouvais pas ne rien faire. Tu l'aurais vu hier ! C'était horrible... "

Et je continue pendant plusieurs minutes ma... Plaidoirie avant de comprendre que je n'ai pas à faire ça. Je ne suis pas obligé de me justifier. Rien ne m'oblige à le faire. Et je ne vois pas pourquoi je le ferai.

" Et puis merde.
- Quoi ?
- MERDE. Je ne vois pas pourquoi je te dis tout ça. Pourquoi je te déballe la vie de Bill, ce qu'il vît. J'ai pas à m'excuser pour ce que j'ai fait hier. Ni pour rien d'ailleurs.
- Est-ce que tu plaisantes ?
- La SEULE CHOSE que j'ai faite et que je regrette, c'est de t'avoir inquiétée. Je ne me suis pas rendu compte, je ne pensais pas à ça, ma priorité c'était Bill. Je m'excuse pour ça. Mais juste pour ça. "


" Je n'ai pas fait toutes ces choses pour faire le malin ! Pour me prendre pour un adulte ! Je n'avais pas le choix ! Et arrêtes de ma regarder comme ça ! Je sais que je n'ai que 17 ans, que je n'ai pas à m'occuper de ce genre de choses.. Mais ça concernait Bill ! Personne ne s'occupait de lui. Tu ne sais RIEN de ce qu'il s'est passé, de l'état dans lequel je l'ai retrouvé plusieurs fois, des mois que j'ai mis pour me rapprocher de lui, et enfin lier une relation d'amitié ! Tu n'as aucune idée de ce que tout ça implique, et tu ne le saurais jamais ! C'est pour ça que t'es aussi injuste ! "

Ce que ma mère m'a dit ensuite m'a encore plus déçu.. Elle m'a parlé de tout, sauf de Bill. Sauf de ce qui m'intéressait.


" Ecoute maman, dans moins de 2 mois, j'ai 18 ans. Tu n'as qu'à considérer que je les ai déjà. Peut-être que je te déçois, mais c'est rien comparé à ce que je ressens...

MAMAN, Bill a vécu la même chose que nous ! "


Et je m'en vais. Je lui tourne le dos pour rejoindre Bill.. Et à cet instant, je sens que quelque chose s'est rompu entre ma mère et moi. Ma maman, la femme que j'admirais plus que tout au monde. Ma maman, de qui je m'éloigne de jour en jour. Qui me déçoit tellement par son absence de sentiments. Elle est si dure.


[ POV MAMAN DE TOM : ]

Pourquoi t'éloignes-tu de moi, Tom ? Pourquoi je sens que tout se brise autour de nous.. ? Pourquoi je sens que je te perds ? Il n'y a plus que toi maintenant, j'ai fait une croix sur tout le reste. J'ai choisi de te sauver. Pourquoi plus rien ne va dans mon sens ?

Je suis un monstre.


[ FIN POV ]

* * * * * * * * *

J'aide Bill à monter dans la voiture de Luna. Elle nous emmène au foyer.
Bill n'est ni joyeux, ni malheureux. Content de quitter l'hôpital, les RDV avec les psychologues, les entretiens avec les policiers. Mais brisé de me quitter, selon ses propres mots. Les services sociaux le placent volontairement en dehors de la ville, au cas où l'affaire remonte aux oreilles des médias.
Les flics essayent de se faire discrets et tentent de placer les maltraitances de Bill entre les vols de voitures et feux de forêt dans le journal. La Police essaye de retrouver l'ex-compagne de David et son fils, la date du jugement de David sera connue la semaine prochaine.

Tout va si vite. J'ai l'impression d'avoir vécu 7 vies depuis que je suis arrivée à Barreaux. Tout s'embrouille dans ma tête. J'ai le sentiment très clair qu'il y a des choses que je ne sais pas, et que je devrais savoir. Je déteste cette impression. Elle me fait peur, me fait redouter l'avenir. Que vais-je encore découvrir, sur moi ou sur les autres ?

" Tomi ? "

" Toom ? "

Je lève la tête vers Luna.

" Hm, quoi ??
- Ton portable chéri, il sonne ! "

Bill serre les dents et souffle. Faudra que je demande à Luna d'arrêter de m'appeler " Chéri " devant Bill.

C'est ma mère.
Répond ? Répond pas ?

" Oui ?
- Tom, c'est maman.
- Je sais.
- Où tu es ?
- J'emmène Bill dans son foyer, j'suis avec Luna et le comissaire Sprenza.
- Il est tard.
- Alors je fais quoi ? J'laisse Bill y aller tout seul parce que maman me demande de rentrer et que j'ai cours demain ? Revois tes priorités maman.. "

Je raccroche.

J'en ai marre. Je ne la comprend plus. Elle me cache quelle chose. Son indifférence, son absence totale de compassion envers Bill. Quelque chose ne va pas.

# Posté le dimanche 13 septembre 2009 12:01

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" Ca ne peut plus continuer comme ça Tom.. Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as changé ! Tu as changé je te dis !
Des reproches. Des reproches qui me pleuvent sur la gueule..

Je pensais que tout irait mieux à Barreaux ! C'est pour ça qu'on est partis ! Pour que tu puisses te reconstruire, pour que tu puisses avoir une vraie vie d'adolescent... Mais tu fais tout le contraire !

Ne me pousse pas.


Tu sais, je n'ai rien contre lui, mais il a l'air d'avoir plein de problèmes.. Je, peut-être que si tu voyais moins ce Bill..

Putain.

Et arrêtes de serrer les poings comme ça, écoute-moi, tu pourrais au moins me regarder.. "

Elle s'arrête de parler quand elle me voit me lever.

" Qu'est-ce que tu fais ? "

Rien. Je ne fais rien, je me barre juste, ça sent l'hypocrisie, le mensonge et l'injustice içi.

" Tom ! "

Elle est sur mes talons, s'énervant sur moi alors que je marche à grands pas vers ma chambre.

" Tu commences à me faire peur, je suis ta mère, je te rappelle ! Tu me dois le respect ! "

On croirait à une comédie.. J'aurais peut-être rigolé mais là, j'ai plutôt envie de chialer.

Je lui ferme la porte au nez. Elle l'ouvre sitôt après.

" Tom ! Je te parle !
- J'ai entendu. Mais maintenant, j'aimerai être tranquille... Si c'est pas trop te demander. "

Ma voix tranquille - Par quels efforts... ! - la perturbe... Et l'incite à continuer de me provoquer.

" MAMAN arrête ! "

Elle m'écoute.. Déjà ça.

Je soupire.

" Tu te ridiculises.. Mais le plus grave, c'est que tu me fais du mal. "

Et tu le sais.

" Je te rappelle que, si on est partis de Hampz, ce n'est pas uniquement pour moi.. Pas pour que j'ai une belle vie d'adolescent. C'est surtout parce que j'ai failli tuer ton connard de mari qui te frappait alors que tu étais enceinte ! Refais pas notre histoire, on est partis pour moi oui, mais aussi pour Maëlle, et toi ! Et on aurait dû le faire beaucoup plus tôt ! Bill, je sais pas ce qu'il se passe avec lui, mais il va falloir que tu m'expliques parce qu'il y a des trucs pas clairs.. "

" C'est IMPOSSIBLE de changer d'opinion comme ça, en quelques mois. Au début, tu le couvais comme un gamin, sans le connaître, et subitement, après que tu ais su que son oncle le frappait, tu changes radicalement.. Et le pire, c'est qu'il n'y a rien de logique en sachant que nous aussi, on sait ce que c'est d'avoir peur, de ne pas pouvoir vivre normalement à cause d'un malade mental qui expulse sa folie sur les autres ! "

" A chaque fois que j'ai croisé David, j'ai revu mon père Maman ! Ils sont pareils ! Même violence, même regard ! Tu devrais comprendre.. Et pourtant, tu le rejettes. "

" Pourquoi t'es comme ça maman ? Pourquoi tu me parles pas ? Je demande que ça moi bordel ! Comprendre ! Mais tu m'en donnes même pas les moyens ! "

C'est après que j'ai vu des larmes briller au coin des yeux de ma mère. Et que j'ai compris que je l'avais réellement touchée. Peut-être pas assez ? Maëlle a pleuré, ma mère s'est levée pour aller dans sa chambre et je ne l'ai plus vue jusqu'au soir.

* * * * *

" Tom, il faut que je te parle de ton père.. "

Je dis " oui " de la tête et m'assied en face d'elle.

" Je t'avais parlé de l'année où.. Jörg avait.. Tout arrêté.. La prostitution, la drogue.. D'un coup. Tu n'as jamais trop su pourquoi. Tu sais, dans ce genre de milieux, on se fait beaucoup d'ennemis.. Sans les connaître obligatoirement. Ce sont des sortes d'ombres qui te surveillent, qui te traquent, prêtes à tout pour faire couler ce que tu as construit.. Une sorte de concurrence malsaine. Ton père s'était construit une sorte d'empire en quelques années. Il s'en mettait plein les poches, entre ses filles, ses dealers, ses associés.. Nous étions une sorte de " grande famille " ....

Même si le terme de " famille " ne convient pas trop, se rattrapa-t-elle en me voyant hausser les sourcils.
Et un jour, il y a eu un rêglement de compte, je t'en avais parlé..

J'approuve de la tête.

Des hommes qui ont débarqué dans l'hôtel qui nous servait de bureau de travail et qui ont flingué le plus de gens possible. Au moins 3 prostituées sont mortes cette nuit-là, un client aussi.. Jörg a été gravement blessé. J'y ai assisté... Ca été le moment le plus horrible de ma vie.. Partout ce n'était que terreur, sang et violence. Ils étaient bien renseignés, ont réussi ce qu'ils avaient prévu ; Couler le " travail " de Jörg en traumatisant tout le monde. Ils n'ont jamais étés retrouvés et ne seront jamais jugés.. Ils ont réussi.

Silence.

C'est.. C'est à partir de ce moment-là que ton père est devenu violent Tom.. Avant, il.. Ca allait, il ne levait pas la main sur moi... Ou très rarement. Il n'a jamais été gentil mais.. Mais la situation était encore tenable à cette époque.

- Maman.. Alors, il n'a pas toujours été.. Mauvais ?
- Je.. Je ne sais pas quoi te répondre.. Tout ce que je peux te dire, c'est que après cette fameuse nuit, il n'a plus été le même et c'est à partir de cet instant que notre vie est devenue un enfer.. A tous. Tu avais 5 ans mon chéri.
- Où est-ce que j'étais quand.. Ca s'est passé ?
- Je.. Tu étais caché. En sûreté.

Silence.

- Tom.. Des choses terribles se sont passées cette nuit-là, des choses que je n'oublierai jamais. J'ai perdu beaucoup. J'ai dû dire Adieu alors que je ne le voulais pas.. Et depuis, les années qui ont suivi jusqu'à aujourd'hui, je les ai vécues en fonction de cette nuit. Ca.. Fait partie de moi. "

J'aurai bien voulu lui demander le sens de ces dernières phrases mais Bill avait appelé, et ma mère s'était enfuie dans la cuisine sitôt sa dernière paroles dite.

[....]

" Tom ! "

" Tom !
- Hein ? "

Je me retourne et aperçois Bill qui m'observe d'un air interrogateur.

" Tu as entendu ce que je t'ai dit ?
- Heum.. J'en suis resté à quand tu me racontais que la qualité de la bouffe se dégradait de jour en jour.. ?
- Ah. Oui, en effet, tu as loupé des trucs..
- J'suis désolé..
- Tu rêvais ?
- Hm, je pensais..
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien d'important, continue..
- Non, j'en ai marre de parler de moi, vas-y-toi ! "

Je baisse les yeux et reste silencieux. Bill m'attire vers lui et entoure ses bras autour de mon cou.

" J'trouve que tu viens bien souvent me voir..
- C'est vrai que je viens beaucoup, tu as besoin d'un peu d'air ?
- Sois pas bête !
- Tu me manques.
- Et ça se passe mal avec Alice, non ?
- Oui aussi mais ça, ça n'a rien à voir. "

Je pose ma tête contre son torse et me laisse caliner. Bill s'applique à me caresser les cheveux et entame un massage qui m'arrache de petits gémissements.

" T'es vachement tendu..
- J'veux pas t'embêter avec ça..
- Ces derniers temps, on a trop étés concentrés sur mes problèmes, j'aimerai bien pouvoir t'aider moi aussi.
- Ah bah là, tu peux pas mieux faire.. mmh, tu masses divinement bien.. "

Il rigole doucement et pose finalement ma tête sur ses jambes sans lâcher son regard sur moi. Il attend que je parle, je connais ce regard-là.

" C'est tout simple tu sais, je réalise que ma mère n'est pas si équilibrée que je le pensais et qu'elle ne s'est pas bien remise de sa vie d'avant.
- Ca prendra du temps.
- Oui.. Mais là, elle me déçoit.. Par des paroles, par ce qu'elle fait, je suis tout le temps déçu d'elle en ce moment. J'ai l'impression de la redécouvrir.
- Tu n'as eu qu'elle pendant tellement d'années.. Elle représente tout pour toi Tomi. J'le vois à ta façon de la regarder, le respect entre vous deux, cette complicité.. Vous avez été un pilier l'un pour l'autre pendant tellement d'années..
- Et ça a changé en si peu de temps, avouai-je tristement. "

Il me serra plus fort encore dans ses bras et m'embrassa.

" J'aime pas quand t'es triste.
- Moi non plus. "

Il sourit.

" Je t'aime, tu le sais ça ?
- Oui, mais j'aime tellement quand tu me le confirmes.. Je t'aime aussi petit coeur. "

Je le renverse en arrière et l'allonge doucement sur le banc sur lequel nous étions assis. Il m'encercle de ses bras et je pose ma joue contre la sienne, toute douce.

Embrasser Bill Trümper est devenu une de mes passions. J'aime quand il est en dessous, sentir ses jambes serrées l'une contre l'autre par un réflexe persistant, et avoir le bonheur ensuite de les sentir se desserer.. un peu. J'aime être au dessus de lui, regarder son visage d'ange se détendre et ses yeux se fermer. Monsieur Bill Trümper ferme toujours les yeux quand je l'embrasse. Il me dit que c'est pour mieux apprécier et moi, je lui dis qu'il n'ose pas encore les ouvrir. J'aime quand je l'embrasse et que, quand je m'apprète à me retirer, il retient ma bouche contre la sienne, j'aime sa passivité timide et son corps qui s'accroche, se lie à moi, comme pour me garder encore auprès de lui.


J'aime Bill Trümper. Très très fort. De plus en plus. Et pour longtemps encore.

# Posté le samedi 19 septembre 2009 10:13

Des nouvelles. Enfin !

Je n'assure pas depuis la rentrée, je sais bien. Mais maintenant, je ne vais en moyenne qu'une fois par semaine sur mon ordi, ce n'est pas beaucoup et je ne prend pas assez de temps pour vous et mon histoire. Je vais m'organiser, je vous le promet. J'ai dû prendre une décision il y a quelques temps, j'arrête le théâtre, une passion pour moi.. Pour quoi ? Faire une bonne année et décrocher mon BAC. C'est un sacrifice.. Je m'étais promis de continuer à faire ce que j'aime malgré mes études et je n'ai pas réussi à le tenir. Je persiste à dire que le lycée nous prend vraiment un temps considérable et qu'il serait temps de réformer un peu tout ça.. Pas en supprimant le peu d'heures de langues qu'on a par semaine bien sûr - - '
Oui, nous avons de la chance d'habiter dans notre pays, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut se foutre de notre gueule. BREEF. Tout ça pour vous dire qu'avec 4 heures de théâtre en moins, ça va me booster pour m'organiser un peu, pour mes cours.. Et cette fiction.

Pour ceux qui êtes encore là, je vous remercie d'être aussi fidèles.
Pour les nouveaux, bienvenue, je ne suis pas morte !

A très bientôt.




Louna.

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 07:41

!

Je suis vautré sur le canapé à regarder des conneries à la télé.
Rien à faire. Ou plutôt si..
Mes devoirs, ranger ma chambre, bosser mes cours de guitare...

Pas envie.

Plus rien n'a de sens sans Bill. Il me manque. Je me surprend à le chercher des yeux en cours. Et je ne trouve qu'une chaise vide. Le choc est rude.
Luna est là bien sûr. Mais ce n'est pas pareil. Ils sont devenus des étrangers. Je les hais, je les hais de ne pas me demander des nouvelles de Bill, de chuchoter à propos de lui. Putains de commérages qui circulent à propos de lui. J'ai envie de les éclater contre un mur, ces cons qui ne connaissent rien à la vie, mais qui parlent.. Qui parlent. Et ne font rien de leur vie.

Il me manque.

Je n'ose pas l'appeler, ce serait la troisième fois de la semaine... Et on est mardi.

Je ne veux pas être collant, ni trop distant. Il faut trouver une juste mesure.. Que je ne parviens pas à respecter. Je l'aime. Je suis délibérément amoureux de Bill. Je le veux, avec moi, contre moi, pour toute la vie. Jamais me séparer de lui. Et c'est précisément ce que je vis en ce moment. Une séparation. Trop dur. C'est la première fois que je vis ça. Et je m'y suis vite habitué. A ce bonheur. On s'habitue toujours trop vite au bonheur.

" Mon coeur, tu me manques.
Beaucoup trop. "


Ca fait vraiment trop le mec éploré. Mais c'est ce que je suis nan ? J'ai besoin de lui.

Et.. Je ne sais pas.
Peut-être que j'aimerai avoir le sentiment que c'est réciproque.. J'aimerai manquer à Bill autant qu'il me manque. Et j'ai l'impression que ce n'est pas le cas.
Oui, il m'appelle, souvent.. Me donne des nouvelles et en prend dés qu'il peut.. Dés qu'il peut ? Je n'en suis même pas sûr. Je suis presque déçu de sa voix toute guillerette qu'il a quand il m'appelle.. C'est dégueulasse hein ? Ouais. C'est horrible de penser ça. D'être triste de se rendre compte qu'il peut être heureux sans moi. Qu'il rit quand je ne suis pas là. Qu'il ne pense pas tout le temps à moi.

Mais je.. PUTAIN, je vais pas ENCORE dire que je l'aime... ! Bein si. Je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne et il me manque. Mon petit copain me manque et c'est pas une tare. Je suis jaloux, possessif, triste et déprimé parce qu'il n'est pas là. Et ça ne s'arrangera pas avec le temps.


" Tom ? Tu n'as pas du travail ? "

Elle m'interpelle de la cuisine.

" Non. Mais j'ai 17 ans par contre. Bientôt 18...
- Et ?
- Et je sais ce que j'ai à faire, tu es gentille.
- Je sors ce soir, tu n'as pas oublié ? "

Oh que non. J'y pense depuis un moment.

" Non. Je garde Maëlle je sais. "

Un bruit de casserole et de vaisselle... Ma mère sort de ses fourneaux et vient s'asseoir à côté de moi, un torchon dans les mains.

" Qu'est-ce qu'il t'arrive Tom ?
- Rien, ça va.
- Même si nos relations ne sont pas au mieux en ce moment, je suis encore capable de savoir quand mon fils va bien.. Ou pas.
- Si tu veux tout savoir, je n'ai pas du tout envie d'en parler avec toi.
- Pourquoi ? Tom.. il n'y a pas si longtemps, tu me faisais encore confiance...
- Mais ça a changé. C'était avant. Et ne me demande pas pourquoi. Tu le sais bien.
- Explique-moi !
- Ah nan, recommence pas ! J'ai pas du tout envie de discuter de ça maintenant, on s'engueule à cause de ça depuis des semaines..
- Mais parle-moi, je ne peux pas deviner moi ! "

Je me levai.

" On retrouvera des relations normales quand tu arrêteras de te foutre de moi ! Je te reparlerai quand tu arrêteras enfin de me mentir, une manie dont t'arrives visiblement plus à te passer ! Quand tu m'auras dit la vérité à propos de mon père, mon passé, le tien, toute cette merde que je porte depuis ma naissance ! Quand tu seras franche avec moi, je redeviendrai ton fils. "

Je le regarde dans le blanc de l'oeil. Cette fois, je ne me lèverai pas, je n'irai pas dans ma chambre. C'est toi qui va partir.

" Alors, c'est à cause de moi que tu es comme ça ?
- Tu n'es pas le centre du monde Maman ! Ma vie, ce n'est pas toi toi toi. Au cas où tu l'aurais oublié, depuis deux mois, quelqu'un que j'apprécie énormément vit dans un foyer parce que son oncle le maltraitait et que personne n'a pensé à se bouger le cul pour l'aider ! Voilà pourquoi je suis triste. Et j'ai le droit ! C'est pas pour ça que je vais m'ouvrir les veines, alors s'il te plaît arrêtes de me surveiller, laisse moi respirer. "

Je suis méchant. Mais j'ai de bonnes raisons. Elle me cache quelque chose. Quelque chose de gros comme une maison. Je dois savoir. Je dois savoir qui je suis, d'où je viens et ce qu'il s'est passé cette nuit où mon père a failli être tué.

Je surveille mon portable. Toujours pas de réponse. Peut-être que Bill l'a éteind. Ou qu'il est occupé. Il ne l'a sûrement pas regardé.
Qu'est-ce qu'il peut bien faire à cet instant ? Il est peut-être avec des gens de son âge, des copains qu'il s'est fait. Il m'avait donné des noms de personnes qu'il aimait bien. Une fille, Laura je crois. Et deux garçons, des frères ; Alexis et Luc, ou Alex et Lucas.. J'sais plus.
Qu'est-ce qu'ils peuvent bien se dire ? Peut-être que Bill leur a parlé de moi. Un peu. Il leur a dit que j'étais son petit copain ? Ou juste un ami ? Un... Pote ?

Longtemps que je ne suis pas allé le voir au centre.. Souvent, on se rejoind devant un arrêt de bus, on se fait un énorme calin d'amoureux et on va marcher dans le parc à côté. Puis on se fait un MacDo, Bill doit grossir, il a perdu beaucoup de poids ces derniers temps. Alors, je l'engraisse un peu... Pour qu'il soit mangeable, je lui dis après. Ca le fait toujours rire.. Et lui met le rouge aux joues aussi. Un peu.
On se fait un cinéma, ou on va à la bibliothèque.. - Ca, Bill aime moins. Mais je ne desespère pas de lui faire un jour aimer les livres - Et on rentre. C'est court. Ca m'arrache le coeur de le laisser là-bas à chaque fois, mais Bill dit qu'il s'y sent bien.

Il se sent bien là-bas...

Je suis interrompu par le bruit de mon portable qui vibre dans ma poche. C'est peut-être lui ?
Oh oui, faites que ce soit lui..

De : Mon coeur.
17h56.

Yes !

Je lis attentivement... Et ouvre grand les yeux. Hein ??

" Arrêtes de faire la gueule.
T'es beau quand tu souris ! "


Heu... Mon message était si.. Desespéré ?
Il a tapé juste en tout cas mon p'tit mec.

Nouveau message.

" Toi, t'es en manque
de sexe. Ca tombe bien,
j'suis là. "


J'comprend rien. Le claquement de la porte-fenêtre qui s'ouvre me fait lever la tête.
Woah. Bill se tient dans l'encadrement de la porte du salon, tout sourire. Il pénètre dans la pièce, Luna sur ses talons qui referme la porte derrière elle.

" Le premier SMS, c'est moi.. La deuxième, c'est Luna. "

Il se met à genoux devant le canapé, et pose ses mains sur les miennes. Et moi, toujours assis comme un con..
Après avoir mis un peu de temps à réagir, je le tire vers moi et me blottis dans son cou.

" Bill.... "

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 15:07