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« Tu flippes.
- Nan.
- Si.
- Mais nan je te dis.
- Tu mens mon garçon...
- Rooh tu m'énerve.
- Tu tremble en plus...

Merde. Ca se voit tant que ça ?

- Okay. Okay. J'ai peur ça te va ? Je suis mort de trouille à l'idée de rentrer dans ce lycée et j'envisage même de partir en courant dès que t'auras le dos tourné. T'es contente ?
- Hé ho Tom. Tu me parles correctement s'il te plaît. Ne le prends pas comme ça.
- Excuse-moi.
- C'est rien. C'est normal que tu réagisse comme ça. Je t'en demande beaucoup ces derniers temps..
- C'est pas facile pour moi aussi maman.
- Je sais Tom. Je sais.
- Tu n'imagine pas ce que ça implique de changer de lycée en cours d'année. Tout est à recommencer... Tout leur programme de 1ère à revoir, m'habituer aux lieux, rencontrer de nouvelles têtes, m'intégrer... Tout ça en plein mois de novembre en plus, ça rend les choses encore plus difficiles...

Je soupirais. Ca me fatiguait rien que d'y penser...

- Tu veux que je t'accompagne ?
- Au lycée ?
- Oui...
- Maman. J'ai 16 ans, je pense que je pourrais porter mon sac tout seul...
- Mmmh...
- Encore quelques années à patienter et tu pourras le faire avec le petiot-là ! m'exclamais-je en désignant du regard son énorme ventre.
- Tom, ça te fait quoi ?
- Quoi ?
- Que tu ais une mère enceinte.
- Bah... c'est cool.
- Cool ?
- Bizarre en fait...
- Mmmh..

Pourquoi elle me regarde comme ça ? Je vais pas sauter de joie non plus... J'ai gaffé en fait.. Allez super Tom, rattrape ta phrase à deux balles..

- Je te déçois ?
- Tu ne me décevras jamais..
- Tu sais, j'ai grandi en enfant unique et je n'aurais jamais imaginé un jour devoir partager ma mère...
- Un brin jaloux le petit homme ?
- Plutôt inquiet..
- Tu n'as plus le droit de te faire du souci pour ta mère mon grand, maintenant tout va bien.
- Il peut débarquer d'un jour à l'autre. Il pourrait être sur le pas de notre porte dès demain.
- Il n'est pas en état de le faire, tu le sais bien...
- Il est capable de tout, ça aussi je le sais bien. Qu'est-ce qu'on ferait si ça arrivait ? On fuirait une nouvelle fois ?
- Non. Toi, tu resteras là Tom.

J'ai bien entendu ? Elle a dit que je resterais là ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tom. Quoi qu'il arrive, je peux te promettre que tu ne seras plus contraint de t'enfuir avec moi. Plus jamais ça n'arrivera.
- Fais pas de promesses que tu n'es pas en mesure de tenir maman. Je sais bien qu'on peut être amené à plier bagage d'une minute à l'autre.
- Cette fois non Tomi. Je sais que c'est dur à croire mais tu vas être tranquille. Barreaux c'est la liberté.
- Maman... Barreaux ou ailleurs, il sera toujours une menace pour nous, ne le nie pas...
- Tom, écoute-moi. Barreaux, c'est différent. On n'est venu chercher quelque chose de particulier. Quelque chose qui nous manquait depuis des années qu'on va bientôt retrouver...
- J'aime pas quand tu mets plein de sous-entendus dans tes phrases maman.
- Tu es chez toi ici. Mets-toi bien ça en tête mon grand. Si tu as besoin d'aide, il y aura toujours quelqu'un dans cette ville pour te tendre la main. C'est fini maintenant, ton cauchemar aussi.
- Et toi ?
- Je ne suis en sécurité nulle part, tu t'en doute bien.
- Si tu pars, je pars aussi.
- Non. Pour une fois, ça ne se passera pas comme ça.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu verras Tom.
- Tu es bizarre en ce moment.

Je me calais dans mon siège et me penchais du côté de la fenêtre.

« Gare-toi là.
- Tu es sûr que tu ne veux pas que je t'accompagne ?
- Sûr.
- Je suis sûre que tu vas vite te faire des amis.
- c'est pas dans mes projets. Non.
- Tom..
- Ils seront comme tous les autres, trop curieux. Je ne vois pas pourquoi ici ils seraient différents.. Si quelqu'un apprenait ce qu'il s'est passé à Hamptz, je n'aurais plus qu'à changer à nouveau de lycée.
- Tom..
- Je ne veux pas qu'ils sachent. C'est mon droit, respecte au moins ça. »

Je suis désolé maman de te parler comme ça mais il faut que je sois ferme avec toi. Sinon, tout va recommencer....

Je détachais ma ceinture, descendais rapidement de la voiture sans jeter un regard à ma mère qui m'adressa un faible " à tout à l'heure " auquel je ne répondis pas et m'avançais vers le gigantesque bâtiment qui se dressait devant moi. Une foule d'élèves était rassemblée par petits groupes devant les hautes grilles. J'avais à peine franchi l'enceinte de mon nouveau lycée que je sentis de regards se poser sur moi.

" Hé toi ! "
" Oui toi le gars aux dreads "

Je relevais la tête. Le gars aux dreads c'est moi. Un grand blond me montrait du doigt, la cigarette aux lèvres

" Je te connais pas toi. T'es nouveau ?

Je hochais la tête.

- C'est quoi ton nom ?
- Tom Kaulitz.
- Kaulitz ? C'est pas français ça. Tu viens d'oû ?
- Hamptz. en Allemagne.
- Oh les gars, lança-t-il à deux garçons derrière lui en ricanant on a un deutch dans notre lycée. Si je fais ça, tu connais ?

Le blond gesticula quelques secondes et imita finalement le parfait salut nazi. Je ne m'attendais pas à ça ; Etre confronté dés mon arrivée à l'intolérance des gens.

- Je crois que tout le monde connait. Tu n'as pas besoin d'être allemand pour le savoir. rétorquais-je calmement.
- Ah oui peut-être mais vous, les Bosch, vous avez ça dans le sang non ?

Le ton n'était pas agressif. Mais je perçus à sa façon de parler qu'il cherchait à me provoquer. Reste calme Tom. Ce gars ne fait que te tester. Je regardais autour de moi, quelques personnes s'étaient regroupées autour du blond et j'en voyais une dizaine d'autres tendre l'oreille, peut-être dans l'espoir d'entendre des bribes de notre "conversation".

- Oui en fait, Hitler, c'est un peu votre héros non ? Un modèle pour votre gouvernement .... Une star nationale.. Vous devez lui rendre des cultes parfois non ?
- ...
- Tu dis rien ?

Non. Je ne disais rien. Que répondre à ça ? J'étais effaré par sa stupidité et surtout ses propos. Il fallait pourtant que je trouve quelque chose à répondre.. et rapidement...

Je choisis la simplicité ce qui remporta à mon grand étonnement un franc succès. J'entrouvris la bouche et laissait échapper... un faible rire ce qui eût le don de l'étonner.

- Quoi ?

Je ne lui répondis pas. Le rose me montait aux joues et mon rire s'accentuait.. Un rire clair, franc et moqueur qui attira bientôt plusieurs regards interrogateurs.

- Mais pourquoi il rigole ?

De nouvelles têtes s'étaient tournée vers moi, j'aperçus quelques gars sourire et des filles se regarder. Quand au grand blond, il ne savait comment réagir, je sentais bien que mon fou-rire le mettait mal à l'aise.. et c'était exactement ce que je recherchais. Je finis par me calmer, le fixant toujours droit dans les yeux. Il finit par les baisser, je replaçais alors mon sac sur mes épaules et me dirigeais vers la porte du lycée, le sourire aux lèvres. Je passais devant lui et, après un moment d'hésitation me retournait :

" Et toi, comment est-ce que tu t'appelles ?
- Je... Adrien Right.
- mmmh pas très français tout ça, lançais-je en affichant un air de dégoût, je tâcherais de retenir. Salut, à la prochaine. "

Je lui adressais un signe de la main, mon éternel sourire accroché au visage. Adrien, lui avait la bouche grande ouverte et me fusillait du regard. La scène était tordante.

Je décidais de m'amuser encore un peu et ouvrais à mon tour la bouche, ouvrait des yeux grands comme des soucoupes de façon à l'imiter et plaçait mes deux mains sous mon menton.


" ferme la bouche, tu vas baver. "


Je me détournais de lui et repartait sans me retourner. Je pus entendre quelques rires et surtout des gloussements de filles qui furent bien vite étouffés par les injures du dénommé Adrien.

J'étais fier de moi. Une bonne vingtaine de personnes avait assisté à la scène, bientôt, l'information circulerait et tout le monde saurait à quoi s'en tenir avec moi. Exactement ce qu'il me fallait.

Le hall sombre était à première vue vidé de tous ses élèves, je balayais la pièce du regard et finis par apercevoir une fille assise par terre, adossée contre un mur, la tête penchée sur des feuilles qui jonchaient le sol.

Je m'approchais :

" Heu excuse-moi... "

Elle releva la tête.

" Je suis nouveau et je... "

Je ne pus terminer ma phrase.
Impossible de la décrire avec des mots.
Par manque de vocabulaire sans aucun doute.
Juste ses yeux...
Des yeux tristes soulignés en haut et en bas par un trait assez épais de crayon noir.
Des yeux dans lesquels je pu lire pendant quelques secondes un mélange de peur et de méfiance ...
Ce regard, cette expression neutre, presque effrayante sur son visage...
Je devais être ridicule, les yeux écarquillés, incapable d'aligner trois mots et de faire un geste.
Mais j'étais encore sous le choc de que j'avais ressenti en croisant son regard...
Je me serais cru dans un rêve... si elle ne m'avait pas sorti de mes pensées :


Elle s'était levée et se tenait à ma hauteur, son visage si proche du mien que je ne pu m'empêcher de reculer d'un pas. Elle avait ma taille à quelques centimètres près, chose assez rare en sachant que je mesure plus d'un mètre 80. Ce qu'elle fit ensuite m'intrigua. Elle ramena ses mains sous mon menton et me murmura à l'oreille :


" ferme la bouche, tu vas baver. "


Elle se retourna ensuite, rassembla les feuilles qu'elle tenait dans ses mains quelques instant plus tôt et fourra tout dans un grand sac en bandouillère noire. Puis elle s'éloigna, un étrange sourire aux lèvres sans me jeter un regard. Il me fallut quelques secondes avant de reprendre mes esprits...

Récapitule Tom : Tu es arrivé au lycée, aussitôt un gars t'as provoqué avec des histoires nazies, tu l'as humilié copieusement en public, tu as voulu demander à une nana ou se trouvait le bureau des surveillants, là elle t'as regardé, tu as beugué et elle en a profité pour se foutre de ta gueule.

Je n'essaye même pas de la rappeler.

De toute façon, je ne connais même pas son nom. Je n'en reviens pas. Ce qu'elle a provoqué en moi. Je me sens perdu. Amnésique. A poil. Con. C'est ça un coup de foudre ? Te suffire de regarder une fille dans les yeux pendant trois secondes pour tomber amoureux ? Je ne saurais même pas dire comment elle est habillée. Juste ses yeux...

[ ... ]


« Excusez-moi...
- ....
- Hem...Hem...
- ...
- Pardon... "

C'est ce qu'on appelle un dialogue de sourd. Bordel. Je me sens pas un peu incompris là. 5 minutes que j'essaye d'attirer l'attention de ce surveillant à la con mais le petit chéri est plongé dans ses dossiers et ne me calcule pas.

- Oui ? "

Le petit chou se réveille. C'est pas trop tôt.

- Heu... en fait je suis nouveau et je...
- Tom Kaulitz c'est ça ?
- Heu... oui c'est ça.
- Ok alors attends deux secondes s'il te plaît.

Quel accueil. Charmant.

« C'est bon. Donc tu disais ?
- Je suis Tom Kaulitz et c'est mon premier jour ici.
- Ah oui. On m'a prévenu de ta présence. Alors, tu es en 1ère 8, je vais t'accompagner dans ta classe pour les présentations et on va trouver quelqu'un pour te faire visiter les lieux.
- D'accord mais est-ce que je pourrais avoir mon emploi du temps s'il vous plaît ?
- ...

Ah ça y est. Il est redevenu muet. Sauf que là, non seulement il me répond pas mais il fixe un point derrière moi en fronçant les sourcils... Pfff mais quel con..

- Heu... Je pourrais avoir mon emploi du temps s'il vous pl....
- Bill Trümper !
- Ah non, moi c'est Tom Kaulitz et je...
- Bill Trümper, tu viens ici tout de suite, c'est pas ta tignasse devant les yeux qui va t'aider à te planquer crois- moi !

Je suivais le regard sévère du pion et me retournais.
Elle était là. Elle se tenait à quelques mètres de moi. Le pion lui indiqua d'un signe de la main de s'approcher ce qu'elle fit d'un pas lent.

" Bill Trümper.
- Oui... "

Bordel. C'est un mec. La fille qui m'a fait l'effet d'une bombe en plein coeur est en fait un mec répondant au nom parfaitement masculin de Bill Trümper. Mais quel con. Incapable de dissocier un gars d'une fille. Je n'en reviens pas.

" Vous ne comptez tout de même pas aller en cours avec ce déguisement ? "

Le dénommé Bill leva un sourcil, feignant à merveille l'étonnement ce qui m'arracha un sourire.

" Un déguisement ?
- vous n'allez pas recommençer mon garçon, c'est la troisième fois cette semaine. Vous m'enlevez tout ça et tout de suite. "

Le pion fit de grands mouvements de bras en désignant son cou et ses poignets.

Apparement pas surpris par ce qu'on lui demandait de faire, Bill, après une moue délicieuse porta finalement les mains à sa nuque, défit les nombreuses chaînes argentées et les laissa retomber lourdement dans la boîte métallique que lui tendait le surveillant. Il fit de même avec plusieurs bracelets de force qui comportaient d'impressionnants pics, plusieurs bagues de taille importante en comparaison à ses longs doigts vernis de noir. Il retira ensuite ses mitaines en cuir..

" La ceinture monsieur Trümper.. "

Il la déboucla rapidement, la retira des passants et la lui tendit.

" Un maquillage moins prononçé et un pantalon moins court seront parfaits pour demain...
- Ce que vous pensez de ma façon de m'habiller, je m'en fous complètement, retenez bien ça... "

Son ton était toujours aussi dédaigneux et froid mais ça ne parut pas affecter le surveillant qui n'en tint pas compte.

" Peut-être mais vous ne montez pas avec ce tee-shirt.
- Pardon ?
- Les inscritptions ne sont pas tolérables dans le lycée, je ne vous l'apprends pas je pense... Vous êtes à la limite de l'indécence monsieur Trümper... "

Je n'eus pas besoin de le regarder pour le sentir tressaillir. Il s'était immobilisé, une mèche de cheveux lui dissimulant l'oeil droit le rendant plus impressionnant encore. Je jetais un oeil sur le tee-shirt ; le mot SATAN était écrit en lettres de feu...

" Et qu'est-ce que je suis sensé faire alors ?
- Je vous prète un tee-shirt que vous allez mettre aujourd'hui.
- C'est hors de question.
- Vous m'enlevez ça tout de suite ou j'avertis la CPE de votre attitude.
- Non.
- Très bien, je vais être ob... "

Bill l'interrompit d'un geste exaspéré et, le fusillant du regard, il se dévétit sous nos yeux effarés. Il se plaça alors face au surveillant subjugué et lui tendit. Puis sans attendre une réaction, il se détourna de nous et partit, furieux. J'étais un nouvelle fois sous le choc, la bouche entrouverte...

Il vient de se barrer torse poil en plein milieu du lycée et... il est canon. Il n'y a rien à dire d'autre. Superbement bien foutu...

Le pion qui, décidément n'était surpris de rien, l'observait s'éloigner, toujours torse nu, le sac sur l'épaule, les sourcils fronçés. Le tee-shirt roulé en boule dans sa main, il remuait inlassablement la tête de gauche à droite. Enfin, son attention se reporta sur moi.

" Bien.. Monsieur Kaulitz, j'ai la tristesse de vous annonçer que le garçon insupportable que vous venez de voir partir à moitié nu est dans votre classe. "

Ouah. Il est dans ma classe. Aussitôt, un sentiment curieux et plutôt étrange m'envahit. Est-ce que ce serait... de la joie ?

" Je suis désolé mais je n'ai vraiment pas de temps à vous consacrer pour le moment, est-ce que ça vous m'embêterait de ratrapper monsieur Trümper pour qu'il vous emmène en classe ?
- Heu...
- En même temps, vous n'avez pas vraiment le choix... Demandez lui à vous faire visiter le lycée et je viendrais vous chercher dès que le temps me le permettra pour remplir votre dossier d'administration. N'hésitez pas à lui poser des questions... "

Il sourit devant mon air peu convaincu :

" Ce n'est pas un garçon facile je te l'accorde mais respecte-le et tout ira bien... "

j'acquiesai toujours aussi peu confiant, le surveillant me fourra le tee-shirt de Bill dans les bras et me poussa dans la direction qu'avait pris Bill.

" Tiens, tu lui donneras s'il te plaît sinon il va encore se faire virer de cours avant d'avoir pu passer la porte. "

Puis, il mit ses mains en porte-voix :

" Trümper, vous attendez Mr Kaulitz s'il vous plaît, il est nouveau et dans votre classe. Je compte sur vous pour le guider ! "

Aussitôt, le réponse fusa :

" Pas le temps ! "

Merci, on se sent aimé dans ces moments là.

" Tu n'as pas le choix Trümper ! "

Je le vis lever les yeux aux ciel. J'hésitai un peu et avançait vers lui, mais n'ayant pas jugé utile de m'attendre, il était déjà loin et je dus courir pour l'atteindre...
Nous marchâmes quelques minutes dans de longs couloirs puis nous empruntâmes un escalier avant de déboucher sur une place qui regroupait plusieurs salles de classe. Nous n'avions échangé aucune parole quand je remarquais que Bill était toujours torse nu.

" Hem.. Bill "

L'intéressé se tourna vers moi, m'arracha presque son tee-shirt que je lui tendais et le passa à mon plus grand regret. Il me tourna ensuite le dos. Je décidais de retenter.

" Je suis désolé pour tout à l'heure.
- Pour quoi ? Que tu m'ai pris pour une fille ou le fait de m'avoir matté comme si j'étais une poufiasse blonde ?
- Heu... en fait... les deux.
- J'ai l'habitude. "

Je pressentais que notre dialogue allait prendre fin et je décidais de tenter de le rallonger :

" Heu... tu sais... Si ça t'embête de me faire visiter, dis-le et je me débrouillerais, je sais que ça peut être chiant d'avoir les nouveaux sur le dos.
- C'est vrai.
- J'ai pas envie d'être un poids pour toi. Tu as peut-être autre chose à faire.
- Tu as raison. J'ai d'autres priorités, tu arriveras bien à t'en sortir tout seul. "

Je n'avais même pas le temps de répondre qu'il ouvrit la porte et entra rapidement sans m'attendre bien sûr dans la salle en face de nous.

" Et bien monsieur Trümper, c'est un honneur pour moi de vous avoir dans ma classe aujourd'hui, je vous ai cru un instant mort et enterré. "

C'était une femme rondelette d'une quarantaine d'années qui avait parlé. Sa remarque avait proposé le fou rire général mais tout le monde se tut étrangement lorsque je passais le pas de la porte.

" Si je ne me trompe pas, vous avez manqué 8h de mes cours depuis la semaine dernière sans motif particulier. Pourrais-je savoir, avec le plus grand respect que j'éprouve pour vous Monsieur Trümper, pourquoi vous revenez subitement ?
- Mais pour ratrapper vos cours madame, répondit Bill sur un ton teinté d'ironie en rejoignant rapidement sa place.
- Et bien j'en suis très heureuse mais... oh mais vous amenez un nouveau camarade... Tom Kaulitz j'imagine ?
- Oui.
- Et bien, enchantée de faire votre connaissance Tom, je suis madame Hardt, votre professeur de maths. Votre déménagement s'est-il bien passé ?
- En fait, je viens juste d'arriver, on n'a pas encore emmenagé.
- Et vous venez de ?
- Hamptz en Allemagne.
- Vous parlez très bien français.
- Oui, je suis bilingue, ma mère est française.
- Vous parlez courrament le français ?
- J'ai encore quelques problèmes avec certains mots de vocabulaire et quand les gens parlent vite mais je me débrouille.
- C'est bien alors. Vous êtes la bienvenue dans cette classe et sachez que si vous avez quelques soucis dans la langue, nous avons un autre allemand dans la classe.
- Ah bon..
- Oui. Tiens, ou est-il passé le drôle d'oiseau ? Bill ? "

il releva la tête.

" Je suppose que vous avez omis de lui dire que vous parliez allemand ?
- Il n'a pas besoin de le savoir. Personne n'a besoin. Ca ne concerne que moi. "

Sa voix tranchante me fit sursauter. Le professeur leva les yeux au ciel.

" Epargnez moi vos remarques désagréables Mr Trümper. Je disais juste que vous pourriez être une aide pour Mr Kaulitz étant donné qu'il a encore quelques difficultés avec la langue, rien de plus. Je suggère d'ailleurs que Tom se mette à côté de vous, vous rattraperez ainsi en même temps les cours manqués. "

Bill ne réagit pas à sa requête, je m'asseyais donc à côté de lui sous le regard de mes nouveaux camarades. Madame Hardt me suivit et me tendit une feuille.

" Voilà une feuille de renseignements que vous allez remplir s'il vous plaît. "

Je m'empressais de la lire et répondais distraitement aux questions habituelles me demandant mon nom, prénom et coordonnées mais je restais rivé sur la 6ème question : profession du père.

" Vous ne comprenez pas cette question monsieur Kaulitz ?
- Si si ca va. "

Nan. Ca va pas. Putain de question. Merde. Je mets quoi ?!

Déjà la prof s'éloigne... Je me reconcentre sur ma feuille et finis par raturer rageusement la phrase, manquant de trouer la feuille. La bruit de la plume sur le papier dut attirer l'attention de mon voisin car j'eu la désagréable impression d'être observé. Je tournais la tête, mais Bill ne me regardait pas, il paraissait concentré sur sa feuille d'exercices car je n'entendais que les griffonnements de son crayon.

" Tu ne pourras rien y changer, même avec des ratures. "



Han que j'ai honte. C'est horrible. Je viens de me rendre compte que la moitié de ce que j'avais tappé a été publié la semaine dernière. Skyrock a [ encore ] beugué. Je suis trop désolée. Vous avez du rager avec ma suite de 3 lignes. heureusement pour vous, j'ai super bien avançé et vous aurez des belles suites même si elles sont encore au brouillon... Voilà je préviens pas pour cette suite.. trop minuscule. Je l'avançerais bien demain promis.




# Posté le mercredi 05 décembre 2007 08:00

Modifié le vendredi 01 février 2008 03:28

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